Août 29

Haïdar El Ali, un écologiste passionément engagé

Haidar El Ali Crédit : Jeune Afrique

Haidar El Ali
Crédit : Jeune Afrique

Le changement viendra du citoyen lui-même qui prendra conscience de ses dérives sur l’environnement.

Haïdar El Ali

Après plusieurs tentatives, nous avons réussi à obtenir un rendez-vous téléphonique avec Monsieur Haïdar El Ali, écologiste sénégalais mondialement connu. Activiste, Haïdar El Ali vit en Casamance, plus précisément à Ziguinchor. Il se déplace régulièrement dans la forêt casamançaise pour dénoncer les trafics de bois illégaux et les feux de brousses. Après une journée dans la forêt, il nous a consacré une partie de son temps.

 

Dandé Leydi : Le journal Le Monde vous classe parmi les 100 écologistes les plus influents du monde. Parlez-nous de votre engagement écologique, d’où vous est venue l’envie de défendre l’environnement ?
Haïdar El Ali : L’envie m’est venue de la puissance et la beauté de la nature. L’océan et l’écosystème sont vivants et constamment menacés par des pillages. Ainsi, j’ai commencé à faire de la plongée par amour de l’océan. Un jour, alors que j’étais en plongée sous-marine dans un parc, j’ai vu sur des centaines de mètres carrés, des poissons morts à cause de la pêche à l’explosif. J’ai été tellement révolté que j’ai ramassé tous les poissons que j’ai déversés dans le bureau du directeur du parc.

Comment définissez-vous la vie écologique au Sénégal ?

Il n’y a pas de vie écologique au Sénégal, il y a plutôt une survie écologique. Pour votre information, l’Etat sénégalais autorise l’entreprise TOTAL à vendre un carburant très chargé en soufre. Ce qui fait que dans l’air que nous respirons à Dakar, nous avons 140 microgrammes/m3 de particules en suspension alors que l’Organisation Mondiale de la Santé conseille de ne pas en dépasser 20. A Paris, ils en sont à 28, hors pollution. En plus de cela, les terres sont également lessivées par une agriculture intensive.

COP21 Crédit : RFI

COP21
Crédit : RFI

Pourquoi aucune décision n’est prise par les autorités pour freiner cette pollution qui empoisonne les Sénégalais ?
Vous savez, avant, les Etats africains étaient colonisés par les occidentaux, et ces mêmes Occidentaux étaient colonisés par les multinationales. Aujourd’hui, nous sommes tous colonisés par les multinationales. Quand nous allumons la télé, on nous vante les mérites des grands groupes. Nous sommes dans un système où 1% de la population détient la moitié de la richesse planétaire.

Dans l’air que nous respirons à Dakar, nous avons 140 microgrammes/m3 de particules en suspension alors que l’Organisation Mondiale de la Santé conseille de ne pas en dépasser 20.

Haïdar El Ali

Comment le changement pourrait-il se faire ?
Le changement viendra du citoyen lui-même qui prendra conscience de ses dérives sur l’environnement. Aujourd’hui là où j’habite, je produis ma propre nourriture. Et c’est le conseil que je donne à tout un chacun, il faut être autonome et se nourrir soi-même, car le jour où il n’y aura plus de nourriture à acheter, vous pourrez subvenir à vos besoins par vous-même.

Dans le film Demain de Cyrille Dion et Mélanie Laurent, 21 scientifiques prédisent une destruction de la moitié de la planète en 2100, affirmant que nous n’avons que 20 ans environ si nous voulons changer les choses. Ne faut-il pas agir vite vu que le temps nous est compté ?

Oui il reste peu de temps et c’est pour cette raison que partout dans le monde des murs commencent à être créés par les grandes puissances, des murs tels que l’immigration massive ; et pour moi ces immigrés à qui nous en voulons ne sont que des réfugiés climatiques. Ces puissances savent très bien qu’on n’aura pas assez d’air à respirer ni de nourriture pour tout le monde, donc des murs sont dressés.

 

L’être humain fait beaucoup de mal à l’environnement. Je viens de voir des forêts brulées, il m’est difficile de garder de l’optimisme.

Haïdar El Ali

N’est-il pas urgent d’agir pour les générations futures ?

Il est urgent d’agir. Mais parler des générations futures est une théorie pour moi car si on ne fait rien aujourd’hui, le futur ne verra même pas le jour. Qu’on décide de prendre le train en marche ou pas, la terre rétablira son propre équilibre un jour. Ce qui risque d’être un terrible « tsunami » pour les humains. L’être humain fait beaucoup de mal à l’environnement. Je viens de voir des forêts brulées, il m’est difficile de garder de l’optimisme.

Forêt en Casamance Crédit : Le Quotidien

Forêt en Casamance
Crédit : Le Quotidien

En ce qui concerne l’agriculture au Sénégal, l’agro-écologie et la permaculture étant des techniques plus respectueuses de l’environnement et de l’humain, qu’est ce qui empêche les paysans de l’appliquer ?

Comme je vous l’ai dit tantôt, le fait qu’une majorité se mette à l’agroécologie ou à la permaculture n’arrange pas les puissants lobbys qui dirigent le monde car ils s’enrichissent  grace au système actuel.

Les jeunes doivent se motiver et se battre pour vivre en parfaite symbiose avec l’environnement. Au cas contraire, l’environnement se chargera lui-même de rétablir l’ordre.

Haïdar El Ali

Pour terminer sur une note positive, la jeunesse commence à prendre conscience de l’importance de protéger l’environnement, est-ce une bonne nouvelle ?

Oui cela est très important car aujourd’hui avec internet les jeunes s’informent et agissent. La COP 21 a eu de l’ampleur et a permis de communiquer sur les impacts sur l’environnement et de signer des accords importants. Ce qui n’a pas été le cas de la COP 22 qui est passée inaperçue. D’ailleurs quand j’y étais, je leur ai dit que pendant qu’on se réunit pour trouver des solutions des arbres sont coupés tous les jours. Je nous imagine à la COP 100 où il ne restera qu’un seul arbre sur terre, les scientifiques seront autour de cet arbre et nous chercherons une solution à savoir si on coupe l’arbre ou pas ?!

Mon mot de la fin est que les jeunes doivent se motiver et se battre pour vivre en parfaite symbiose avec
l’environnement, leur écosystème. Au cas contraire, l’environnement se chargera lui-même de rétablir l’ordre et nous en subirons les conséquences.

 

Propos recueillis par Aminata SIDIBE-BA


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Mai 02

L’agriculture urbaine, comment ça marche ?

agri-urbaineAminata SIDIBE-BA

Partout dans le monde, l’agriculture urbaine gagne du terrain. Soucieux de leur santé, de plus en plus de personnes s’interrogent sur la provenance de leurs denrées alimentaires. Paradoxalement, nous notons un retard important en Afrique de l’Ouest où l’agriculture rurale traditionnelle peine à évoluer dans sa globalité. Nous enregistrons des petits producteurs d’agriculture bio qui commercialisent leurs produits par-ci par-là, en revanche peu de familles se lancent dans une agriculture respectueuse de l’environnement dans l’objectif d’être autonome.

Dans le monde actuel, la nourriture traverse des milliers de kilomètres pour arriver chez le consommateur. Avec l’augmentation de la population et le manque d’eau, les produits agricoles doivent pousser près des consommateurs. L’agriculture urbaine est la seule solution pour répondre au besoin des consommateurs qui est en constante évolution. Des jardins partagés au petit espace cultivable chez soi, il est urgent de pouvoir trouver des fruits et légumes à portée de main et cultiver surtout sans pesticide.
Et pour cela, plusieurs solutions se présentent :

Un vaste espace cultivable

Investir dans un espace cultivable et y pratiquer une agriculture nourricière. La mise en place de buttes de cultures peut permettre d’obtenir un bon rendement.

La culture en pot
plant-tomate

 

Cette méthode ne permet pas d’aspirer à une autonomie alimentaire car toutes les cultures ne peuvent pas se faire dans des pots. En règle générale, les pots sont installés sur le balcon ou la terrasse de la maison.

Pour un début, vous pouvez tester les variétés simples qui vous garantissent une récolte : les tomates cerise, les radis, les salades, les fraisiers, les choux et les poivrons.

 

 

Les cucurbitacées telles que les courgettes et les concombres peuvent être testées sous condition d’avoir un treillage suspendu au mur. Les herbes aromatiques aussi s’épanouissent parfaitement dans des cultures en pots. En cas de gelée, vous pouvez les rentrer dans la cuisine pour un peu de chaleur. Choisissez des pots assez larges et profonds avec une largeur de 20 cm et une profondeur de minimum 20 cm également.

Contrairement aux idées reçues, les pots ne doivent pas d’être exposés au soleil pour ne pas que les plantes sèchent. Ainsi évitez les expositions plein-sud et privilégiez une orientation qui offre une présence du soleil uniquement le matin. Rassemblez les pots de sorte qu’ils fassent de l’ombre et protégez les pots du premier rang.

L’arrosage se fait en fonction des besoins de la plante, prenez le soin de vérifier l’humidité du sol avant d’arroser la plante, toujours arroser au pied et non sur les feuilles. Avant de planter vos plants, pensez à faire des semis des variétés citées dans des petits pots de yaourt ou des barquettes en polystyrènes récupérées chez le vendeur de poisson. Attendez l’apparition de deux cotylédons (petites feuilles différentes des feuilles de la plante elle-même) avant de repiquer le plant.

Pour réussir ses semis, utilisez du terreau, puis semez-y les graines, arrosez légèrement et ne tassez pas la terre. Placez les bacs de semis à l’intérieur. La température idéale est entre 22 et 24 degrés.

Vous l’aurez compris, l’agriculture urbaine ce n’est pas compliqué. Avec les astuces présentées dans cet article, vous avez tout ce qu’il vous faut pour vous lancer.


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Déc 26

Un nouveau monde en marche

La consommation sans fin est révolue, de nos jours, de plus en plus, nous assistons partout dans le monde  à la naissance d’une réelle prise de conscience dans le but d’atteindre une sobriété heureuse. Les raisons de ce réveil vital sont nombreuses, crise financière, respect de l’environnement, ou encore le désir de laisser un lendemain meilleur aux générations futures, pousse chaque personne à prendre part à un nouveau monde.

En effet nombreux documentaires inspirés de rapports scientifiques montrent la situation écologie alarmante du monde. Des alternatives articulées autour des thématiques suivantes, sont plus que nécessaires pour mettre installer une vision plus respectueuse de l’humain et de l’environnement chez chacun de nous.

  • une alimentation saine tout en étant respectueuse de l’environnement
  • la gestion des  énergies renouvelables
  • un modèle économique qui procure une sobriété financière
  • une démocratie par le peuple et pour le peuple
  •  une éducation qui responsabilise et apprend la vraie valeur des choses aux générations futures.

 

Juil 10

Entretien avec Djibril BA , Directeur de l’Hôpital Traditionnel de Keur Massar

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Soucieux de la santé des citoyens africains, nous sommes partis à la rencontre de Djibril BA Directeur Général de l’hôpital traditionnel de Keur Massar. Crée en 1960 par le professeur Yvette PARES et deux tradipraticiens sénégalais, il est le symbole de la lutte contre la lèpre. Aujourd’hui menacé par le manque de moyens, nous avons recueilli les propos du Directeur Général dans l’espoir de faire prendre conscience l’importance de la médecine naturelle.

Juil 02

Le baobab, roi de la savane africaine

baobab-treeLes supers aliments nous procurent de l’énergie tout en renforçant notre défense immunitaire, il ne faut surtout pas s’en priver. La star du jour est le baobab emblème du Sénégal, son  arbre majestueux et millénaire symbolise le paysage d’Afrique Subsaharienne.

Appelé « pain de singe » ou encore « bouye » en wolof, son fruit protégé  par une coque rigide, se présente sous forme de graines enrobées d’une pulpe blanche légèrement acidulée tout en étant sucrée. Le fruit du baobab se consomme généralement en jus

Les « super pouvoirs » du Baobab

Riche en fibres, en antioxydant, en calcium en vitamine C et en potassium, un verre de jus de baobab tous les matins  vous éloigne du médecin. En effet il contient 7 fois plus de vitamine C que l’orange, 3 fois plus de calcium que le lait et 6 fois plus de potassium que la banane. La pulpe du baobab est également anti diarrhéique.

Aujourd’hui on retrouve dans les marchés d’Afrique de l’ouest le fruit de baobab sous forme de poudre pour sublimer vos plats et sous forme de barre à grignoter, permettant d’éviter les fringales et comblant souvent par la même occasion des besoins nutritifs de notre corps.

Le baobab à toutes les sauces

Toutes les parties du baobab peuvent être utilisées. Au delà de son fruit, les feuilles sont réduites en poudre appelée « lalo » en wolof. Le lalo est très prisé par les cuisinières africaines dans la préparation du traditionnel couscous de mil. Il s’utilise également dans la cosmétique, sa texture gluante permet de démêler, d’hydrater et de dessiner les boucles des cheveux crépus. Les racines du baobab ont des propriétés fortifiantes. De même, la coque qui recouvre le fruit est un anti inflammatoire.

Le rideau est enfin levé pour ceux qui, jusque là, ignoraient les vertus de cet arbre à palabres et sacré pour certaines cultures africaines.

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